De Centrale Bank van Suriname (CBvS, banque centrale du Suriname) n’a pas atteint son objectif monétaire concernant la base monétaire au cours du premier semestre de 2026. À la fin juin, la base monétaire s’élevait à SRD 27,7 milliards, alors que l’objectif avait été fixé à SRD 23,6 milliards. Selon la Banque centrale, cela s’est traduit par une sous-performance de près de SRD 5 milliards. C’est ce qui ressort du Rapport Financiële Stabiliteit d’octobre 2026.
Le développement indique, selon le rapport, des difficultés persistantes à maîtriser la quantité de dollars surinamiens dans l’économie.
La base monétaire, également désignée sous le nom de SRD-M0, se compose de la masse monétaire directement influencée par la Banque centrale et constitue un élément important de la politique monétaire.
La CBvS tente de maîtriser la croissance de cette masse monétaire afin de promouvoir la stabilité monétaire.
Les liquidités excédentaires ont fortement augmenté
Il ressort du rapport que les liquidités excédentaires au sein du secteur bancaire avaient atteint SRD 3,9 milliards à la fin juin 2026.
Cela représentait une hausse de 82,2 % par rapport à décembre 2025, lorsque le montant s’élevait à SRD 2,1 milliards.
L’augmentation des liquidités signifie que les banques commerciales disposent de davantage de moyens disponibles que ce qu’elles doivent détenir sur la base de leurs obligations.
La Banque centrale tente de retirer une partie de ces moyens du marché afin de limiter la croissance de la masse monétaire.
L’objectif monétaire n’a pas non plus été atteint en 2025
Le problème ne s’est pas présenté uniquement en 2026.
Selon le rapport, la CBvS était également en deçà de son objectif concernant la base monétaire à la fin décembre 2025. L’écart s’élevait alors à SRD 4,5 milliards.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la sous-performance moyenne s’est établie à SRD 3,5 milliards.
La Banque centrale cite notamment la diminution des avoirs de l’État due aux dépenses publiques et les changements dans les opérations d’open market en cours comme facteurs ayant contribué à l’évolution des liquidités excédentaires.
Parallèlement, les enchères de devises, une plus grande quantité de billets de banque détenus par le public et des réserves obligatoires plus élevées ont freiné cette hausse.
La Banque centrale tente de retirer de l’argent de la circulation
Afin de maîtriser les liquidités excédentaires, la CBvS effectue des opérations d’open market. Dans ce cadre, les banques commerciales peuvent immobiliser temporairement des moyens via des dépôts à terme.
En outre, la Banque centrale émet des certificats permettant d’immobiliser des moyens pendant une période déterminée.
Au cours des six premiers mois de 2026, la CBvS a effectué au total 26 opérations d’open market. Il s’agissait de 25 enchères de dépôts à terme et d’une émission de certificats de la Banque centrale destinée au segment de détail.
Lors des enchères de dépôts à terme, les banques commerciales ont proposé conjointement SRD 30,1 milliards, dont SRD 27,7 milliards ont été acceptés par la CBvS.
Pour les certificats, le volume de souscription s’élevait à SRD 2,1 milliards, dont SRD 2 milliards ont été attribués.
La maîtrise de la masse monétaire reste un point d’attention
Selon le rapport, une politique monétaire restrictive demeure nécessaire afin de maîtriser l’évolution de la base monétaire.
La Banque centrale indique qu’elle peut, si nécessaire, recourir à des instruments supplémentaires pour absorber les liquidités excédentaires.
Le rapport montre clairement que le secteur financier est resté globalement stable, mais que la croissance de la masse monétaire et les écarts persistants par rapport aux objectifs monétaires constituent des points d’attention importants.








