Le gouvernement Simons veut accélérer le développement de l’énergie solaire au Suriname et y associer explicitement le secteur privé, les investisseurs et les institutions financières. Le vendredi 30 octobre 2026, une table ronde stratégique se tiendra au Congreshal et devra aboutir à des projets d’investissement concrets et à des accords sur le futur approvisionnement énergétique.
La présidente Jennifer Simons ouvrira la réunion. Les discussions seront consacrées à l’énergie durable et à la sécurité énergétique par le biais d’investissements dans l’énergie solaire. Des représentants du gouvernement, des entreprises énergétiques, des institutions financières, des experts et des investisseurs potentiels examineront les possibilités d’étendre la production d’énergie solaire au Suriname.
Il ne s’agit pas uniquement de parcs solaires à grande échelle, mais aussi de panneaux solaires sur les habitations et les bâtiments d’entreprises. L’attention sera également portée sur les systèmes énergétiques hybrides, dans lesquels des panneaux solaires sont combinés, par exemple, avec des batteries et d’autres sources d’énergie. De tels systèmes peuvent permettre à des équipements importants de continuer à fonctionner lors d’interruptions de courant.
Les participants discuteront notamment du financement, des conditions techniques, de projets concrets et de partenariats entre entreprises locales et investisseurs étrangers.
La politique énergétique a une longue histoire
L’attention accordée à l’énergie durable n’est pas nouvelle. Le Suriname dispose déjà d’un Nationaal Energiebeleidsplan 2013–2033, qui met notamment l’accent sur la sécurité énergétique, l’accès à l’électricité et l’utilisation de sources d’énergie renouvelables.
Sous le gouvernement Bouterse, l’Elektriciteitswet et la loi relative à l’Energie Autoriteit Suriname (EAS, Autorité de l’énergie du Suriname) ont été adoptées en 2016. Elles ont créé un cadre légal pour la régulation du secteur de l’électricité, la supervision et le développement ultérieur de projets énergétiques.
La législation prévoyait en outre des possibilités de production privée d’électricité et de développement de l’énergie durable. Elle a également établi une base pour la réinjection dans le réseau de l’électricité autoproduite et pour l’attraction d’investisseurs privés par le biais d’appels d’offres.
Le Ontwikkelingsplan 2017–2021 visait également à améliorer l’approvisionnement en électricité, à économiser l’énergie, à moderniser les réseaux de distribution et à utiliser des sources d’énergie alternatives. Des travaux ont notamment été menés pour préparer un Electricity Sector Plan.
Le gouvernement Santokhi a poursuivi les réformes et les projets d’énergie solaire
Le gouvernement Santokhi-Brunswijk a également œuvré à la restructuration du secteur énergétique. En 2021, le gouvernement a annoncé qu’il adapterait les tarifs de l’électricité et les régimes de subventions, sur la base légale de l’Elektriciteitswet de 2016.
La politique visait notamment la viabilité financière de l’approvisionnement en électricité et la réduction de la dépendance aux subventions publiques. Les ajustements tarifaires faisaient partie d’une réforme plus large du secteur.
En outre, plusieurs projets d’énergie solaire et d’électrification ont été réalisés ou préparés avec un soutien international.
Ainsi, une centrale solaire a été réalisée en juin 2022 à Clarapolder, Nickerie, avec une capacité de 2,3 mégawatts-crête et un stockage par batteries. Auparavant, en 2018, une centrale solaire d’une capacité de 500 kilowatts-crête avait été mise en service dans la zone Atjoni-Pokigron.
En 2024, dans le cadre d’un projet soutenu par la Banque interaméricaine de développement (BID), des accords ont été conclus pour de nouveaux systèmes d’énergie solaire, notamment des installations pour Wanhatti à Marowijne et Baku à Brokopondo. Des investissements ont également été réalisés dans la formation des employés responsables de la gestion des systèmes d’énergie durable dans l’intérieur.
Ces projets montrent que le Suriname a déjà acquis de l’expérience dans l’énergie solaire, mais que le développement a jusqu’à présent consisté en différentes initiatives distinctes.
La part de l’énergie durable a diminué malgré les investissements
Le rapport sur les Objectifs de développement durable (ODD) du Suriname de 2025 montre que la capacité en énergie renouvelable a légèrement augmenté entre 2019 et 2023, passant de 190 à 193 mégawatts. Toutefois, la part de l’énergie renouvelable dans la capacité totale installée de production d’électricité a diminué au cours de la même période, passant de 42 à 33 %.
Cela s’explique par le fait que la capacité de production d’électricité à partir de sources d’énergie non renouvelables a augmenté plus rapidement. Le rapport cite également la dépendance aux combustibles fossiles, les réseaux électriques vieillissants et les capacités institutionnelles limitées parmi les défis du secteur énergétique.
L’Energie Autoriteit Suriname a entre-temps travaillé sur un Electricity Sector Plan et un Rural Electrification Plan. Ces plans doivent contribuer à une expansion mieux organisée de l’approvisionnement en électricité et à un rôle accru de l’énergie durable, avec une attention particulière pour l’intérieur.
Le gouvernement Simons a déjà tenu une table ronde sur l’énergie en juin
La réunion du 30 octobre n’est pas non plus la première table ronde sur l’énergie du gouvernement actuel. Le 19 juin 2026, le gouvernement Simons a organisé une concertation stratégique sur la sécurité énergétique, les investissements et la coopération.
Ont notamment participé à cette concertation l’EBS, Staatsolie, l’Energie Autoriteit Suriname, la Surinaamse Bankiersvereniging et des représentants du secteur privé.
Lors de la réunion, il a été convenu qu’il fallait accorder la priorité à l’extension de la production d’électricité, à l’attraction de financements et à l’examen des adaptations nécessaires de la législation et de la réglementation. Il a également été question de l’utilisation de la future production de gaz pour l’approvisionnement énergétique.
Le gouvernement avait alors annoncé que les résultats contribueraient à une Nationale Energie Roadmap 2026–2035, un Energy Action Memo et une Energy Task Force.
La réunion annoncée sur l’énergie solaire semble donc constituer une élaboration supplémentaire du processus engagé en juin.
La mise en œuvre et le financement seront déterminants
Bien que des gouvernements successifs aient pris différentes initiatives politiques, la mise en œuvre d’une politique énergétique cohérente demeure un important point d’attention.
Le financement de nouvelles centrales, l’extension et la modernisation du réseau électrique ainsi que l’entretien des installations existantes nécessitent surtout une planification à long terme. Il faudra également tenir compte des besoins croissants en électricité des ménages et des entreprises.
L’énergie solaire peut contribuer à réduire la consommation de carburant et à diversifier la production d’électricité. Dans le même temps, des investissements dans le stockage par batteries, des capacités de production pilotables et le renforcement du réseau sont nécessaires afin de garantir la sécurité d’approvisionnement lorsque le soleil ne brille pas.
Pour la nouvelle table ronde, la question se pose donc également de savoir comment les plans peuvent être transformés en projets financièrement réalisables, avec des responsabilités claires, des accords de financement et des délais de mise en œuvre.
Nouvel agenda énergétique pour 2026–2035
Le gouvernement veut consigner les résultats de la réunion sous forme de mesures concrètes. Celles-ci doivent servir de base à un Energy Action Memo, à la création d’une Solar-Energy Task Force et à la poursuite de l’élaboration de la Nationale Energie Roadmap 2026–2035.
Il devra ainsi être précisé quels projets seront prioritaires, qui sera responsable de leur mise en œuvre et comment les investissements seront financés.
Pour le Suriname, ce ne sera finalement pas seulement l’élaboration de nouveaux documents politiques qui sera importante, mais surtout la mesure dans laquelle les plans existants et nouveaux aboutiront à un approvisionnement en électricité plus fiable et abordable.
Les experts et représentants du secteur de l’énergie solaire qui souhaitent participer à la réunion peuvent s’inscrire via le formulaire d’inscription en ligne. Ils doivent communiquer leur nom, leur organisation, leur expertise et leurs coordonnées. La participation est uniquement possible après confirmation par l’organisation.







