La question des passeports autour de l’équipe nationale surinamaise de football continue de susciter l’incertitude. Malgré une modification de la loi qui doit offrir davantage de possibilités aux joueurs d’origine surinamaise de jouer pour Natio, les footballeurs de nationalité néerlandaise risquent toujours de perdre leur nationalité néerlandaise.
Le sélectionneur Henk Fraser parle d’une situation inacceptable, tandis que l’international Jean-Paul Boëtius indique se sentir trompé par des engagements antérieurs concernant un prétendu passeport sportif.
Il ressort d’informations de la chaîne publique néerlandaise NOS que les problèmes juridiques auxquels font face les footballeurs surinamo-néerlandais sont loin d’être résolus. De Nationale Assemblée (le parlement du Suriname) a adopté le 8 septembre 2026 une modification de la Wet op het Surinamerschap en het Ingezetenschap (loi sur la nationalité et la résidence au Suriname). L’objectif était d’offrir aux sportifs d’origine surinamaise la possibilité d’obtenir la nationalité surinamaise sans devoir renoncer à leur autre nationalité.
La modification législative n’offre toutefois pas de protection automatique contre la perte de la nationalité néerlandaise. Selon le ministère néerlandais de la Justice et de la Sécurité, chaque situation doit être évaluée séparément sur la base de la législation néerlandaise sur la nationalité.
Le ministère souligne auprès de la NOS que l’acquisition de plein droit de la nationalité surinamaise ne suffit pas, en soi, pour relever d’une exception prévue par la loi. Le risque demeure donc que les joueurs perdent leur nationalité néerlandaise lorsqu’ils obtiennent la nationalité surinamaise.
Le sélectionneur Fraser critique la situation
L’avocat spécialisé en droit du sport Dolf Segaar conclut, sur la base de la réponse du ministère néerlandais, que la question des passeports n’est toujours pas résolue.
Le sélectionneur Henk Fraser s’inquiète également des conséquences pour ses joueurs. Il estime que les Pays-Bas et le Suriname doivent chercher conjointement une solution et clarifier la position juridique des footballeurs concernés.
Selon Fraser, il s’agit de joueurs qui souhaitent représenter l’équipe nationale en raison de leur attachement au Suriname, mais qui n’ont pas suffisamment de certitude quant aux conséquences pour leur nationalité néerlandaise.
Le sélectionneur indique que plusieurs joueurs n’ont pas joué pour Natio lors de la dernière période de matchs internationaux en raison de cette incertitude.
Boëtius doit remettre son passeport néerlandais
Les conséquences de la question des passeports sont désormais perceptibles pour plusieurs internationaux surinamais. Jean-Paul Boëtius, qui a fait ses débuts avec Natio en 2025, a perdu sa nationalité néerlandaise après avoir obtenu la nationalité surinamaise. Tjaronn Chery et Virgil Misidjan ont également été confrontés à ce problème.
Les trois footballeurs tentent de récupérer leur nationalité néerlandaise.
Boëtius raconte à la NOS qu’il a récemment reçu une lettre de la municipalité de Rotterdam lui ordonnant de remettre son passeport néerlandais. Selon le footballeur, il est remarquable qu’il ait encore fait renouveler son passeport peu avant de jouer pour le Suriname. Le document était initialement valable jusqu’en 2036.
L’ancien joueur notamment de Feyenoord et de RKC Waalwijk possède actuellement un passeport surinamais avec une vignette de séjour, ce qui lui permet de séjourner temporairement aux Pays-Bas. Selon lui, ce titre de séjour n’est valable qu’un an.
La situation suscite de la frustration chez le footballeur, né et élevé aux Pays-Bas, qui souhaite récupérer sa nationalité néerlandaise.
Les joueurs se sentent trompés
Bien que Boëtius souligne être fier de pouvoir représenter le Suriname au niveau international, il s’interroge sur la manière dont la question de la nationalité a été traitée à l’époque par la Surinaamse Voetbalbond (SVB, Fédération surinamaise de football).
Selon l’international, les joueurs avaient auparavant reçu des informations concernant un prétendu passeport sportif, qui leur aurait permis de jouer pour le Suriname sans perdre leur nationalité néerlandaise. Il est apparu par la suite, selon lui, qu’un tel passeport n’existait pas.
Boëtius affirme que lui-même et d’autres joueurs se sentent ainsi trompés par des personnes qui étaient impliquées à l’époque dans la fédération de football.
Il souligne en même temps que la direction actuelle de la SVB soutient les footballeurs concernés. Selon lui, des avocats ont désormais été mandatés afin d’examiner les problèmes juridiques et de trouver des solutions.
Incertitude concernant les futurs internationaux
La question persistante des passeports peut avoir des conséquences sur la composition de l’équipe nationale surinamaise. Les footballeurs ayant des racines surinamaises qui envisagent de jouer pour Natio doivent tenir compte des conséquences possibles pour leur nationalité néerlandaise et leur droit de séjour.
Bien que le Suriname ait tenté de créer une solution juridique avec la modification de la loi, la position néerlandaise montre que les législations nationales des deux pays ne concordent pas automatiquement.
Pour les internationaux concernés, l’incertitude demeure donc quant au moment et aux conditions auxquels ils pourront conserver ou récupérer leur nationalité néerlandaise.

















