Trois membres de De Nationale Assemblée (DNA, le parlement du Suriname) ont demandé à la présidente Jennifer Simons des éclaircissements sur la situation financière des personnes âgées au Suriname. Selon les parlementaires, l’allocation AOV actuelle et les pensions ne sont pas proportionnelles à l’augmentation du coût de la vie. Ils souhaitent notamment savoir quelles mesures d’urgence le gouvernement peut prendre dans les trente jours et quelles solutions structurelles sont possibles dans un délai de six à douze mois.
Les membres de DNA Ameerani Jarbandhan, Johnny Kasdjo et Hakiem Lalmohamed ont consigné leurs préoccupations dans une lettre datée du mardi 27 octobre 2026, adressée à la présidente par l’intermédiaire du ministre des Affaires sociales et du Logement. Les parlementaires invoquent à cet effet l’article 86 du Reglement van Orde van DNA.
Selon les auteurs de la demande, des milliers de personnes âgées rencontrent de graves difficultés financières. Ils affirment qu’une partie de ce groupe éprouve des difficultés à financer des besoins essentiels tels que l’alimentation, les médicaments, le transport, le loyer et les services publics.
L’AOV bien en dessous du seuil de pauvreté cité
Les parlementaires soulignent que l’allocation AOV régulière s’élevait en mars 2026 à SRD 2.250, selon les données qu’ils citent. Ils la comparent à un seuil de pauvreté de SRD 7.586 par mois pour un adulte vivant seul, qui, selon leur lettre, a été publié en juillet 2025 par l’Algemeen Bureau voor de Statistiek (ABS).
Sur la base de ces montants, l’AOV représente moins de 30 pour cent du seuil de pauvreté mentionné. La différence s’élève à SRD 5.336 par mois.
Les membres de DNA demandent au gouvernement de préciser le montant structurel actuel de l’allocation AOV, y compris toute aide complémentaire éventuelle. Ils souhaitent également savoir si le gouvernement est disposé à réévaluer le montant de l’allocation et des pensions sur la base du seuil de pauvreté, de l’inflation et de l’évolution du taux de change.
Selon les auteurs de la demande, le dollar surinamais a fortement perdu de sa valeur depuis 2020. Ils affirment que l’évolution du taux de change a entraîné une hausse des prix à l’importation et une réduction considérable du pouvoir d’achat des personnes âgées.
Questions sur 13.203 personnes âgées hors du système AOV
Un autre point important concerne le groupe de personnes âgées qui, selon la lettre, ne perçoit pas d’AOV.
Les parlementaires renvoient à des données du rapport financier de 2024 et demandent pourquoi 13.203 personnes âgées restent en dehors du système. Ils souhaitent savoir pourquoi ces personnes ne reçoivent pas d’AOV et quelles mesures le gouvernement prendra pour les atteindre.
Ils demandent également une ventilation du nombre de personnes âgées qui reçoivent uniquement l’AOV, de celles qui bénéficient d’une pension en plus de l’AOV et des personnes qui ne reçoivent aucune de ces deux prestations, bien qu’elles puissent y avoir droit.
Les membres de DNA soulignent que toutes les personnes âgées ne se trouvent pas dans la même situation financière. Selon eux, d’éventuelles mesures doivent notamment tenir compte des personnes âgées vivant seules, des personnes souffrant de maladies chroniques, des locataires et des personnes âgées sans pension complémentaire.
La hausse des coûts de santé accroît la pression financière
Outre le montant des allocations, les parlementaires s’inquiètent des coûts des services essentiels.
Dans leur lettre, ils citent notamment l’augmentation des co-paiements auprès du Staatsziekenfonds (SZF), les médicaments et traitements médicaux coûteux, la hausse des coûts de l’électricité et de l’eau, ainsi que les problèmes liés à un transport abordable.
Selon les auteurs de la demande, une augmentation de l’AOV peut avoir un effet insuffisant si, simultanément, les coûts des services nécessaires continuent d’augmenter.
Ils demandent donc quelles mesures le gouvernement envisage afin de réduire ou supprimer les co-paiements du SZF pour les personnes âgées. Ils souhaitent également savoir comment empêcher qu’une éventuelle augmentation de l’AOV soit annulée par de nouvelles hausses de prix.
Mesures d’urgence dans les trente jours
Les membres de DNA ne souhaitent pas que les personnes âgées restent uniquement dépendantes d’intentions politiques qui ne seront mises en œuvre qu’à plus long terme.
Ils demandent donc au gouvernement quelles mesures directes peuvent être prises dans les trente jours afin d’aider les personnes âgées à acheter de l’alimentation et des médicaments, ainsi qu’à payer les services publics et le transport.
Ils demandent également un aperçu des réformes structurelles pouvant être mises en œuvre dans un délai de six à douze mois.
Les parlementaires soulignent que les éventuels engagements doivent être financièrement étayés. Selon eux, il faut éviter que des mesures annoncées soient ensuite retirées faute de moyens.
Ils souhaitent également savoir combien coûterait une augmentation structurelle de l’AOV, combien de personnes âgées y seraient éligibles et comment le gouvernement envisage de financer une telle augmentation.
Quatorze questions au gouvernement
Au total, les trois membres de DNA ont soumis quatorze questions écrites au gouvernement.
Outre le montant des allocations et les éventuelles mesures d’urgence, ils demandent notamment un aperçu transparent des dépenses sociales destinées aux personnes âgées, de la marge budgétaire disponible et des ministères responsables.
Ils souhaitent en outre savoir dans quel délai le gouvernement répondra aux questions et s’il est disposé à faire périodiquement rapport à DNA sur la mise en œuvre des mesures.
Dans leur observation finale, les parlementaires soulignent que les personnes âgées ont apporté une contribution importante à l’édification du Suriname et qu’elles ont, selon eux, droit à une existence digne.
Ils estiment que les autorités doivent empêcher que les personnes âgées soient contraintes de choisir entre se nourrir, acheter des médicaments et payer leurs charges fixes.
Une copie de la lettre a également été envoyée au président de De Nationale Assemblée. Le document ne précise pas encore quand le gouvernement répondra aux questions.







