Le porte-parole des pompiers, Olton Pinas, met en garde contre la sécurité incendie dans le centre-ville de Paramaribo. Selon lui, les pompiers ont identifié, lors d’une enquête menée dans la Zwartenhovenbrugstraat, 28 immeubles qui ne sont plus utilisés régulièrement, mais qui sont occupés par des sans-abri. Selon lui, ces bâtiments servent également à cuisiner, ce qui peut créer des situations dangereuses. Les constatations ont été consignées, mais selon Pinas, des mesures concrètes tardent à venir.
Le porte-parole a fait ces déclarations vendredi 6 novembre 2026, lors d’une interview en direct avec Key News à la décharge en feu de Charlesburg.
Pinas craint que les autorités n’agissent qu’après la survenue d’une grave catastrophe. Il a souligné que les pompiers avaient déjà attiré l’attention sur les risques.
« Nous l’avons mis par écrit, mais oui, lorsque le veau se sera noyé, nous verrons comment combler le puits », a déclaré Pinas.
Le risque d’incendie ne se limite pas à Charlesburg
Selon Pinas, l’incendie à la décharge de Charlesburg montre une nouvelle fois à quel point l’organisation des pompiers est vulnérable. Pendant les opérations d’extinction, les pompiers ont dû se déplacer soudainement en raison d’un changement de direction du vent. Les camions-citernes ont également dû être repositionnés.
Entre-temps, le Korps Brandweer Suriname (corps des pompiers du Suriname) est confronté à un manque de personnel et de véhicules opérationnels. Plusieurs véhicules d’intervention sont en panne et le corps est quotidiennement confronté à un grand nombre de signalements de feux d’herbe et de déchets.
Pinas avertit que l’engagement continu pourrait avoir des conséquences sur la disponibilité des pompiers et des véhicules si un grave incendie se déclarait ailleurs.
Les bâtiments vacants nécessitent une attention urgente
Selon le porte-parole, les immeubles du centre-ville méritent surtout une attention supplémentaire. Outre la Zwartenhovenbrugstraat, il a également évoqué d’autres rues où des bâtiments ne sont plus utilisés régulièrement.
Il s’agit, selon lui, d’immeubles où séjournent des personnes et où un feu ouvert est parfois utilisé pour préparer des repas.
Les pompiers ont examiné la situation et consigné leurs constatations. L’interview n’a pas permis de déterminer quelles instances ont reçu ces informations ni quelles mesures ont été prises depuis.
Des incendies précédents illustrent les risques
Le danger d’incendie dans des immeubles abandonnés ou mal entretenus n’est pas inconnu à Paramaribo. En juillet 2019, deux immeubles de la Zwartenhovenbrugstraat ont été détruits par un incendie. Selon la police, des sans-abri séjournaient dans les bâtiments.
En janvier 2024 également, deux immeubles situés à l’angle de la Commissarisstraat et de la Zwartenhovenbrugstraat ont été touchés par un incendie.
Le nouvel avertissement de Pinas soulève donc des questions sur la surveillance des bâtiments qui ne sont plus utilisés régulièrement, mais restent néanmoins habités.
Les pompiers demandent une approche structurelle
Pinas estime que les autorités doivent aller au-delà de la lutte contre des incendies isolés. Selon lui, une politique doit être mise en place afin de prévenir les situations dangereuses.
Outre des investissements dans le personnel et les véhicules, il plaide pour une application plus stricte des règles concernant le brûlage de déchets et pour davantage d’attention à la sécurité incendie au sein de la société.
Pour le centre-ville, la question reste surtout de savoir quelles mesures seront prises afin de traiter les risques signalés par les pompiers, avant qu’un nouvel incendie majeur ne se produise.

















