La Barbade a éliminé la transmission du VIH de la mère à l’enfant en tant que problème de santé publique. C’est ce qu’a annoncé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le vendredi 30 octobre 2026. Le pays caribéen a atteint cette étape après des années d’investissements dans les soins prénatals, le dépistage du VIH et le traitement des femmes enceintes. Entre 2022 et 2024, aucun nouveau cas d’infection au VIH chez des nouveau-nés résultant d’une transmission maternelle n’a été enregistré à la Barbade.
L’OMS a officiellement certifié la Barbade après qu’une évaluation indépendante a montré que le pays répond aux objectifs internationaux visant à prévenir la transmission du VIH pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la Barbade fait désormais partie d’un groupe de 26 pays et territoires dans le monde qui ont reçu une reconnaissance pour avoir éliminé la transmission du VIH, de la syphilis ou de l’hépatite B de la mère à l’enfant, ou qui sont en bonne voie d’atteindre ces objectifs.
Parmi ces pays et territoires, quinze se situent sur le continent américain, ce qui place la région en tête à l’échelle mondiale.
Presque toutes les femmes enceintes atteintes
L’évaluation de l’OMS montre que la Barbade a atteint entre 2022 et 2024 une couverture particulièrement élevée des services de santé destinés aux femmes enceintes.
Durant cette période, 98 pour cent des femmes enceintes ont reçu des soins prénatals. Un pourcentage identique a été dépisté pour le VIH. En outre, 98 pour cent des femmes enceintes vivant avec le VIH ont reçu un traitement antirétroviral afin de réduire le risque de transmission du virus à leur enfant.
Selon l’OMS, le système de santé de la Barbade joue un rôle important dans ces résultats. Des tests et traitements du VIH sont proposés gratuitement à toutes les femmes enceintes, quelle que soit leur nationalité. La vie privée et les droits des patients sont également pris en compte.
Les bébés qui ont pu être exposés au VIH pendant la grossesse ou l’accouchement bénéficient également d’un dépistage précoce et d’un suivi médical.
L’OMS parle d’une étape importante
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a félicité la Barbade pour le résultat obtenu. Selon lui, le pays montre comment l’accès universel aux soins de santé peut concrètement contribuer à prévenir de nouvelles infections au VIH chez les enfants.
Jarbas Barbosa, directeur de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS), qualifie également la certification de réalisation importante pour la Barbade et les Caraïbes.
Selon Barbosa, ce résultat démontre que la transmission du VIH de la mère à l’enfant peut être évitée lorsque les femmes et les enfants ont accès, sans obstacles, à des soins de santé de qualité.
La ministre souligne l’importance pour les générations futures
La ministre barbadienne de la Santé et du Bien-être, Lisa Cummins, parle d’une évolution historique pour son pays.
Selon la ministre, ce résultat signifie que les enfants auront de meilleures chances de grandir en bonne santé, tandis que les femmes vivant avec le VIH ont accès, durant leur grossesse, aux traitements nécessaires et à un suivi médical.
Selon les autorités sanitaires, ce succès est le résultat d’une coopération de longue date entre le gouvernement de la Barbade, l’OPS, l’OMS et plusieurs partenaires nationaux et internationaux.
Cette coopération visait notamment à renforcer les soins liés au VIH, la surveillance des maladies et l’amélioration de la qualité des services médicaux.
L’UNICEF et l’ONUSIDA réagissent positivement
L’UNICEF et le programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) ont également réagi positivement à la certification.
Robert Benes, directeur régional de l’UNICEF pour l’Amérique latine et les Caraïbes, souligne qu’un diagnostic de VIH pendant la grossesse ne doit plus nécessairement signifier que le virus est transmis à l’enfant.
Luisa Cabal, directrice régionale de l’ONUSIDA pour l’Amérique latine et les Caraïbes, attribue les résultats obtenus à l’engagement politique, aux investissements dans les soins de santé et à la coopération entre professionnels de santé, organisations de la société civile et personnes vivant avec le VIH.
Selon l’ONUSIDA, la Barbade montre qu’une approche plaçant au centre les droits humains, l’égalité d’accès aux soins et les traitements médicaux peut effectivement produire des résultats.
La lutte contre le VIH reste nécessaire
La certification ne signifie pas que le VIH a entièrement disparu de la Barbade. La reconnaissance signifie que la transmission du virus de la mère à l’enfant a été ramenée à un niveau qui, selon l’OMS, n’est plus considéré comme un problème de santé publique.
Afin de conserver ce statut, la Barbade doit continuer à investir dans la prévention du VIH, le dépistage, le traitement et l’accompagnement des femmes et des enfants.
Avec cette certification, la Barbade rejoint d’autres pays et territoires de la région ayant obtenu des résultats comparables. Les Bahamas et les îles Turks-et-Caïcos ont reçu une reconnaissance en 2026, tandis que le Brésil en 2025, ainsi que la Jamaïque et Saint-Vincent-et-les-Grenadines en 2024, ont été certifiés pour des objectifs pertinents dans ce domaine.
L’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS) considère cette évolution comme une contribution importante aux efforts régionaux et mondiaux visant à prévenir de nouvelles infections au VIH chez les enfants.







