Même un vendeur de saucisses doit savoir quelle quantité de saucisses il doit acheter, quels sont ses coûts et ce qu’il lui reste après la vente. Dans une opération telle que la structuration du secteur de l’or, cette justification financière doit certainement être attendue. Pourtant, l’explication publiée concernant le nouveau plan de structuration ne contient ni objectifs concrets et mesurables ni prévisions étayées financièrement. La mise en œuvre est prévue pour la période 2026-2028. Mais le fait de mentionner une période ne permet pas encore de savoir quels résultats doivent avoir été atteints à quelle date.
La première partie était centrée sur la justification des précédentes tentatives de structuration. Cet historique est important. Celui qui ne peut pas indiquer pourquoi les efforts précédents n’ont pas donné suffisamment de résultats peut difficilement expliquer de manière convaincante pourquoi une nouvelle approche produira, elle, des résultats. À cela s’ajoute une deuxième responsabilité : rendre clairement visible à l’avance ce que coûte cette opération et ce qu’elle doit rapporter.
Combien coûte la structuration et que rapporte-t-elle ?
Combien coûtent l’enregistrement, les formations, les équipements, les contrôles et le déploiement du personnel ? Qui paie cela ? Combien de recettes publiques supplémentaires sont attendues chaque année et sur quoi ces attentes reposent-elles ? Combien reste-t-il net après déduction des coûts de mise en œuvre ?
Annoncer davantage de recettes est facile. Présenter un calcul vérifiable exige toutefois des chiffres, des hypothèses et une compréhension des risques.
Les objectifs environnementaux doivent être mesurables
Les objectifs environnementaux doivent également être mesurables. Combien de mineurs doivent travailler sans mercure et à quel moment ? De combien l’utilisation du mercure doit-elle diminuer ? Quelle amélioration de la qualité de l’eau est visée ? Qui établit la situation de départ et qui mesure les progrès ?
Dans le plan, la Nationale Milieu Autoriteit (NMA, Autorité nationale de l’environnement) reçoit un rôle important dans les formations et les méthodes alternatives d’extraction. La NMA a des missions environnementales légales, notamment la surveillance, la sensibilisation et le recours à des experts. Mais cela ne signifie pas encore que toutes les personnes, ressources et connaissances techniques nécessaires sont disponibles.
Par le biais du projet EMSAGS, des employés notamment de NIMOS, le prédécesseur de la NMA, et de l’organisation chargée de la structuration ont précédemment reçu des formations dans les domaines de la géologie, des techniques minières et du suivi. Quelles connaissances ont été conservées ? Qui assurera prochainement les formations pratiques ? Qui contrôlera ensuite si les techniques sont appliquées de manière responsable ?
Compétences légales et capacité de mise en œuvre
Sur le plan juridique également, le groupe de travail doit apporter des éclaircissements. La loi-cadre sur l’environnement et la décision relative à l’étude d’impact environnemental (EIE) offrent des instruments, mais cela ne démontre pas encore que toutes les règles d’exécution nécessaires à cette approche sont en vigueur.
Quelles compétences peuvent être utilisées immédiatement et quelles règles supplémentaires sont nécessaires ? Une présentation ne résout pas l’absence de compétences, les pénuries de personnel ou le manque de moyens.
Répartition claire des tâches entre les autorités publiques
Le Belastingdienst et les autorités sanitaires doivent être associés dès le début. Mais le simple fait de participer aux discussions est insuffisant. Il faut établir de manière structurelle quelle instance enregistre, qui contrôle les données, qui perçoit les impôts et qui intervient en cas d’infractions. Cela doit s’accompagner de compétences claires, d’un personnel suffisant et d’un budget disponible.
Il en va de même pour l’accès annoncé aux soins de santé. Qui organise ces soins, qui les finance et qui en surveille l’exécution ? Un groupe de travail peut préparer une approche. La mise en œuvre doit être durablement confiée à des institutions responsables et tenues de rendre compte à cet effet, même après que le groupe de travail aura achevé sa mission.
Quelles questions critiques la présidente Simons a-t-elle posées ?
Le rôle de la présidente Simons mérite également de l’attention. Elle a été pendant dix ans présidente de De Nationale Assemblée (le parlement du Suriname). De la part d’une personne ayant cette expérience parlementaire, on peut attendre qu’elle pose des questions approfondies sur les précédentes tentatives de structuration, la base légale et l’utilisation des fonds publics.
Selon l’article, elle a réagi avec enthousiasme. Quelles questions critiques a-t-elle posées ? A-t-elle interrogé sur les résultats de OGS et des sites de démonstration et centres de formation existants ? Sur les évaluations, la justification financière et la capacité de la NMA ? Quelles conditions a-t-elle liées à la mise en œuvre ? La société a également le droit de savoir quelle justification la présidente a exigée et quels accords ont été conclus avant que des fonds publics ne soient de nouveau dépensés.
Chaque florin public dépensé doit pouvoir être contrôlé
Sans justification financière, toutes ces promesses valent peu. Chaque florin public dépensé doit pouvoir être contrôlé : combien a été dépensé, à quoi, par qui et avec quel résultat ? Cela exige des rapports financiers publics et un contrôle indépendant.
Publiez donc un budget, des prévisions de recettes étayées, des objectifs environnementaux mesurables et des échéances. Établissez également sans délai qui est responsable de quoi et rendez compte à intervalles fixes des coûts, des progrès et des recettes.
Le Suriname doit pouvoir établir ce que cette structuration rapporte réellement : pour les caisses de l’État, pour l’environnement et pour les personnes qui vivent et travaillent dans les zones concernées.
Le changement promis doit devenir visible
Dans l’ancienne manière de travailler, pratiquement aucune reddition de comptes n’était faite. Ce gouvernement a promis durant la campagne électorale de changer le système et d’emprunter une nouvelle voie. Donnez donc forme à cette promesse : indiquez clairement ce que coûte ce plan, ce qu’il doit rapporter, qui est responsable et comment des comptes sont rendus à ce sujet. Cette ouverture constituerait une première étape concrète pour rendre visible le changement promis.


















